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La triste fin du petit enfant huître et autres histoires (Tim Burton)

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Le célèbre Barnum s’éclaircit la voix et soudain s’exclame : « Approchez Mesdames et Messieurs ! Venez admirer le petit enfant huître, le garçonnet momie, la fille avec plein d’yeux ! Entrez, entrez dans ma ménagerie ! Vous y verrez des garçons toxiques et tâches, des enfants robots et pingouins ! Approchez, n’ayez pas peur ! »

Le rideau s’ouvre alors sur cette ribambelle de petits monstres, vous êtes dans le palais des merveilles (« Entrez au Palais des Merveilles ! Trois francs six sous, ça fait pas cher ! Et ça émerveille !« ), le cirque Tim Burton, où la tératologie devient poétique, où le macabre côtoie la tendresse !

« He wasn’t soft and pink
with a fat little tummy ;
he was hard and hollow,
a little boy mummy. »

Ce petit recueil de comptines en vers (pour grands enfants), illustré par l’auteur, s’adresse évidemment aux amoureux de l’univers burtonien, si vous n’êtes pas adepte de l’humour noir, du gothique, de la tendre cruauté ou de l’horreur sublime (oxymore © Jules Michelet), passez votre chemin, cette collection de « freaks » vous laisserait sans aucun doute de marbre…

Pas sans rappeler, dans la forme, le Beastly Baby de Ogred Weary (anagramme d’Edward Gorey), le fond est bien différent, on ressent à la lecture de La triste fin du petit enfant huître et autres histoires, toute l’affection (et même l’empathie) que l’auteur porte à ces gamins marginaux.

De courts poèmes et des illustrations magiques brossent cette galerie d’une vingtaine de portraits de petits monstres attachants au destin tragi-comique. Les thèmes de prédilection de Burton sont évidemment le leitmotiv de cette oeuvre : le rejet provoqué par la différence, l’enfance déchue, l’amour impossible… Un savoureux mélange de tout ce qui fait l’attrait d’Edward Scissorhands, de L’Étrange Noël de monsieur Jack, des Noces funèbres

Les textes seront à lire de préférence en version originale car la traduction française des poèmes par René Belletto est de facture trop classique, à vouloir trop respecter la rime (ce qui n’est pas le cas de Tim Burton) le traducteur a perdu en partie la substantifique moelle de l’oeuvre.

La note du blogounet : ★★★★★★★★★☆ 

Paru en 1998  en format poche bilingue aux Éditions 10/18 dans la collection « Littérature Étrangère » et réédité en 2008 en édition spéciale.

Un Commentaire

  1. Il y a 24h je découvrais « Edward aux mains d’argent »…aussi sucré qu’acidulé, aussi magnifique que tragique, les Desperate Housewives n’ont rien inventé !!!
    Bravo pour cette belle définition du style « Burton » qui plus est, tombe à pique…

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